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Histoire thermale

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Revenons aux sources !

Bourbon-Lancy est connue depuis l'Antiquité pour les vertus et la qualité de ses eaux thermales.

La cité compte parmi les grandes villes d'eau de la Gaule. Les Celtes ont découvert les vertus bienfaitrices des eaux thermales. Les romains ont magnifié les thermes que ces derniers avaient construits.

C'est aux Romains que l'on doit le nom Borvo. Venant du mot celtique BURB, signifiant les bourbes, boues et aussi bouillonnement, ils choisirent dans leur langue ce qui s'en rapprochait le plus. Les Romains assimilèrent les divinités gauloises à leurs propres Dieux. Ainsi, Borvo, génie des Eaux et des Sources, fut l'équivalent de l'Apollon des Grecs et des Romains. Dès lors, la bourgade celtique est placée sous la protection de Borvo, associé à Damona, déesse de même origine. Plus tard, les Romains désignent les stations thermales sous le nom Aquae, y ajoutant le nom de la divinité à laquelle les eaux étaient consacrées. Bourbon-Lancy se nomme alors Aquae Bormonis. La proximité de Bibracte, capitale des Eduens, alliés de César pendant sa Guerre des Gaules, permet le rayonnement de la cité. César envoie également ses troupes prendre les eaux pour se soigner et se reposer après les durs combats qu'elles mènent en Gaule.

Les Thermes se développent et deviennent parmi les plus réputées du monde romain. D'ailleurs, pour récompenser ses meilleurs officiers, César leur offre des terres et la construction de somptueuses

villas dont certains vestiges sont encore visibles aujourd'hui. La présence d'un collecteur romain (aqueduc souterrain) témoigne une nouvelle fois que le thermalisme est un élément essentiel du patrimoine.


Renouveau des thermes

Durant le Moyen Âge, les eaux thermales ne suscitent pas le même intérêt qu'à l'époque romaine. Néanmoins, on ne peut parler d'oubli complet. Les archives fourmillent d'anecdotes qui montrent que les eaux étaient fréquentées, mais l'hygiène y était catastrophique. Il faut attendre le milieu du XVIe siècle pour qu'une nouvelle renommée des eaux de Bourbon-Lancy apparaisse.

Au XVIe siècle, nombre de riches et illustres personnages faisaient des cures thermales et bien des "hommes de Science" venaient à Bourbon-Lancy pour tenter d'expliquer le jaillissement des eaux chaudes.  Réputées soulager les douleurs articulaires et autres sciatiques, elles auraient aussi guéri les stérilités féminines... Ceci fut plus que jamais affirmé après que l'épouse d'Henri II, Catherine de Médicis, ait fait une cure en 1542 qui, suivant dix années sans maternité, aurait été le prélude à plusieurs naissances. Les résultats obtenus avaient fait grand bruit dans le Royaume, et les dames de la Cour venaient se soigner dans ces eaux de Saint-Léger si bienfaisantes et tellement à la mode. Il fut alors décidé d'apporter à la station quelques aménagements, mais ceux-ci seront emportés en 1543 par une crue du Borne.

En 1580, Bourbon fit de nouveau de grands préparatifs pour l'arrivée d'une autre reine de France : Louise de Lorraine, femme de Henri III, la belle-fille de Catherine de Médicis. Dans le même but, cette dernière lui conseille la cure, car elle aussi est en vaine attente d'enfants. Bien que la reine Louise restât stérile, elle et la Cour revinrent à Bourbon-Lancy en 1582, 1583 et 1586, et Henri III, habilement sollicité par le Docteur Aubery, médecin des Eaux, fit don de sommes considérables pour la restauration des "Thermes de César". En l'honneur de Louise de Lorraine, une source fut baptisée "source de la Reine".

Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, de nombreux médecins écrivirent sur les bienfaits, parfois décrits comme quasi miraculeux, des eaux thermales de Bourbon-Lancy. Beaucoup de gens illustres vinrent en profiter. Madame de Sévigné ne le fit peut-être pas. Il est bien connu qu'elle prenait les eaux à Vichy et à Bourbon-l'Archambault. Cependant, lors ses nombreux voyages entre Paris et Grignan, certainement que la voyageuse marquise a fait une halte occasionnelle d'une nuit dans la "Maison de bois". Jusqu'à la fin de l'ancien régime, les grands personnages de la cour défilent à Saint-Léger : la duchesse de Montmorency, Henriette de France, Madame de Montespan, le duc de Lauzun, Madame Louvois, le Grand Condé...

L'exploitation des bains est totalement déficitaire. Napoléon, qui a pris le pouvoir par décret, "donne la station aux pauvres". En réalité, c'est l'hospice qui devient propriétaire et qui, en 1803, lance la construction d'un nouvel établissement thermal, celui que nous connaissons aujourd'hui. Volontairement, les installations romaines sont démolies pour laisser la place aux installations modernes. À nouveau, les curistes prennent le chemin de la cité bourbonnienne, et à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on peut croiser Guy de Maupassant, Paul Bourget ou Pierre Larousse.

L'établissement thermal actuel a été construit au XIXe siècle à l'emplacement des anciens bains romains. Agrandi à plusieurs reprises, il est aujourd'hui doté d'équipements extrêmement modernes où tout est mis en œuvre pour le confort et la détente du curiste, ainsi que pour une grande efficacité des traitements.


Hôpital d'Aligre

Installé dans l'ancien couvent de la Visitation (aujourd'hui le Grand Hôtel), l'hôpital des Bains fondé par François Pingré de Farivilliers en 1697, devient très vite trop petit. En 1841, le marquis et la marquise d'Aligre font un don de 100 000 francs de l'époque et de plusieurs domaines à la ville de Bourbon-Lancy. Après le décès de son épouse en 1843, le marquis s'investit de plus en plus dans la ville. En particulier, il souhaite que les habitants disposent tous d'eau propre et saine. Il fait réaliser une fontaine place Saint-Léger. Soucieux d'augmenter la capacité d'accueil et la qualité des soins à l'hôpital. Il décide la construction d'un nouvel établissement.

Le marquis ne verra pas la pose de la première pierre puisqu'il s'éteint en 1847, après avoir rédigé plusieurs testament et codicilles léguant à la ville l'hospice, estimé à près de quatre millions de francs de l'époque. Selon le souhait du marquis, c'est la chapelle qui est construite en premier. Il voulait en faire sa dernière demeure. Depuis 150 ans, les transformations et les agrandissements se sont succédés, en conservant l'esthétique de l'architecture initiale.



Bibliographie :

- Bourbon Oublié de Renée Lacaze-Gaillard, Editons des Cahiers Bourbonnais, 1990

- Mémoire en images de Hubert Louis et Jean-Jacques Rateau, Editions Alan Sutton, 2009

- Site « Bourbon, d'hier à aujourd'hui »